dimanche 26 août 2012

Mon travail


La création est pour moi comme un souffle dans ce monde compliqué. Je me pose toujours la question de l’idéal. Pour moi l’idéal, ce serait de me libérer de toute contrainte, un peu comme les bouddhistes. Et pourtant, j’ai le sentiment que tant que je serai en vie, j’aurais des soucis, des peines, des angoisses et des tourments que je devrais extérioriser pour me sentir libre. Mes tableaux traduisent les problématiques que je rencontre et que je tente de résoudre en les mettant à plat sur des morceaux de toiles dont je viole l’intimité. Pour moi, chaque Homme qui nait, a une place qui se créée et, au fur et à mesure que celui-ci grandit, cette place (cette chaise) l’attire comme un aimant. Normalement, si l’on écoutait notre moi intérieur, si nous étions attentifs, vigilants, libres, nous pourrions tendre vers cette place ou pourquoi pas l’occuper ! Très souvent nous sommes aveuglés, influencés par les parents, les amis, les métiers à gros salaire, les autres… Or nous ne sommes pas les autres ; toi c’est toi, lui c’est lui, moi c’est moi, et eux c’est eux. C’est pour cette raison que pendant que certaines personnes veulent s’asseoir, d’autres par contre veulent se lever. C’est un peu comme les lois physiques des nœuds ou des carrefours … Mon souci est de créer des œuvres qui ont du sens, et non pas des œuvres pour des œuvres. Et c’est là l’une des questions que je me suis toujours posé et, que je continue toujours de me poser : Quelle est la limite de mes tableaux ? Quelles influences ont-ils ? Qu’est-ce que mes tableaux peuvent apporter de positif au monde dans lequel nous vivons ?

Présentation

Je m’appelle KAMPTCHOUANG NGAMO Jean Roméo, et de ce nom que mes parents m’ont donné sans toutefois me consulter, je tire aisément mon nom d’artiste : KAJERO. KAJERO est devenu au fil du temps un peu comme mon vrai nom au point où KAMPTCHOUANG NGAMO Jean Roméo est devenu comme un étranger dans sa propre maison. Après deux années de biochimie à l’université de Yaoundé 1, je découvre pour la première fois un artiste peintre dans son atelier. Cette rencontre réveille la créativité qui sommeillait en moi et, de là, me vient le goût de ne pas me limiter au dessin dont je maîtrisais les techniques. C’est à ce moment que je me décide à me lancer dans la peinture en devenant l’assistant de Paul AWASSUME - l’artiste que j’avais rencontré -, tout en continuant mon cursus universitaire. Avec Paul, j’ai eu l’opportunité d’apprendre les rudiments de la peinture et les bases de la scénographie. Après ces années qui m’ont en quelque sorte servi de formation, j’ai été rappelé à l’ordre par ma famille qui a tenté de m’interdire de faire de la peinture un métier, en m’attirant sur une autre voie professionnelle. Après une année d’essai, j’ai fini par chercher mon chemin, ma place (« ma chaise »), ailleurs en allant pendant quelques mois en Côte d’Ivoire. C’est sur la route qui devait me ramener au Cameroun, que je m’arrête finalement à Cotonou. Là, je rencontre par hasard l’artiste Tchif de son vrai nom TCHIAKPE Francis de qui je deviens l’assistant. Parallèlement, je développe mon travail, et c’est en 2009 que je décide de voler de mes propres ailes et plonge complètement dans les objectifs que je me suis fixé.